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MALI- AFFAIRE DE SUSPENSION D’AIDE HUMANITAIRE : LE MALI REPOND À LA FRANCE

Le torchon continue de brûler entre le Mali et la France. Aussi, tout porte à croire que les deux pays ne semblent pas prêts à fumer le calumet de la paix. Pour cause, la France a annoncé la suspension de l’aide humanitaire qu’elle octroyait au Mali dans le cadre des projets de développement sur la base de certaines raisons. A cette décision unilatérale de la France, les autorités maliennes ont opposé une vive réaction.

Décidément, le Mali et la France sont toujours à couteaux tirés. Entre les deux pays, la tension est encore montée d’un cran. En plus des réciproques discours va-t-en-guerre, c’est au tour des mesures restrictives de part et d’autre. En effet, la France a notifié depuis février 2022, par voie diplomatique, la suspension de sa coopération au développement en faveur du Mali. Cependant, la goutte d’eau qui a fait déborder le vase est cette annonce faite, depuis le novembre 2022, par le gouvernement de MACRON, de la suspension de son aide publique au développement à destination du Mali et de l’octroi direct de ces fonds aux ONG françaises.
Le prétexte avancé par la France est, selon ses propres termes, le risque de détournement de cette aide entre les mains de la milice Wagner que les autorités françaises disent être en collaboration avec l’armée malienne. Des motifs que le gouvernement malien a qualifiés de fallacieux. Par ailleurs, dans un communiqué, les autorités maliennes déclarent interdire d’activités, avec effet immédiat, toutes les ONG qui opèrent au Mali sur financement ou avec l’appui matériel ou technique de la France, y compris dans le cadre humanitaire.
Une situation qui s’assimile donc à la réaction du berger à la bergère. Un véritable spectacle de coup pour coup dans la mesure où la France d’un côté dit craindre que son aide ne serve au financement de ceux qu’elle considère être des mercenaires de Wagner. De l’autre, la réaction du Mali pourrait avoir une interprétation similaire si l’on s’en tient au fait que les autorités de la transition ont toujours clamé la duplicité de la France dans la lutte contre le terrorisme et que par conséquent le financement de ces ONG françaises reviendrait à financer indirectement les terroristes. Pour le Mali, cette décision de la France, d’octroyer l’aide aux ONG françaises, ne serait ni plus ni moins qu’un cheval de Troie et donc un stratagème aux relents déstabilisateurs.
Dans ces conditions, toutes les bases d’un dialogue de sourds sont établies, entrainant par ricochet la radicalisation des deux protagonistes candidats à un bras de fer sans merci. Seulement, les victimes de ces dégradations constantes et continuelles des relations entre deux partenaires traditionnels emportent de sérieuses conséquences pour les populations bénéficiaires qui n’en sont que des victimes collatérales. Il est évident qu’aujourd’hui comme hier, les ONG jouent un rôle de premier plan, notamment dans le domaine humanitaire aux côtés des populations sinistrées, victimes du terrorisme et de l’insécurité transfrontalier. Et, selon des estimations, ce sont près de 70 projets de développement en cours ou prévus au Mali, ces prochaines années qui pourraient être frappées par lesdites mesures.
Aussi, au-delà du discours souverainiste des autorités maliennes, l’urgence recommande de trouver des mesures alternatives à l’interdiction des activités de ces ONG afin de soulager les souffrances des populations vivant dans des conditions d’extrême précarité. Autrement dit, le Mali devra combler le manque à gagner de 121 millions de dollars d’aide publique au développement perçus en 2020, selon l’Organisation de Coopération et de développement Economiques (OCDE. Cela est une nécessité car ne dit-on pas que : « Ventre qui a faim n’a point d’oreilles ?

Souleymane KONATE/Duniya kibaru

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