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ÉDITO – FINANCE : AFFAIRE DE DETTE CACHÉE, PAS UNE PREMIÈRE EN AFRIQUE

Le FMI, après une mission de vérification au Sénégal, aborde la situation dans le même sens que l’administration sénégalaise actuelle.

En début d’année, les nouvelles autorités sénégalaises ont annoncé l’existence d’une dette cachée dans leur pays. Cette information a rapidement fait le tour du monde et attiré l’attention du Fonds monétaire international (FMI), dont la mission principale est d’assurer la stabilité financière mondiale et de promouvoir la coopération monétaire internationale. Pour ce faire, l’institution octroie des prêts aux pays en difficulté économique et surveille les politiques macroéconomiques de ses États membres.

En effet, le niveau de la dette constitue un indicateur essentiel pour évaluer la résistance et la résilience d’une économie. Le problème n’est pas la dette en elle-même, mais plutôt son poids par rapport au PIB et, surtout, la capacité de l’État concerné à la rembourser.

À ce titre, comme dans la plupart des zones économiques et monétaires, l’UEMOA fixe ses critères macroéconomiques en matière d’endettement à un taux inférieur à 70 % du PIB. Dès lors, il devient crucial pour les États membres de maintenir leur niveau d’endettement en dessous de ce seuil afin de bénéficier de la confiance des bailleurs de fonds, du FMI et des agences de notation internationales. Un faible ratio d’endettement est généralement perçu comme un signe positif, indiquant que les actifs d’un pays ont plus de valeur que ses dettes. Cela suggère également une plus grande stabilité financière et une meilleure capacité à obtenir des financements futurs.

Pour revenir au cas sénégalais, les autorités précédentes avaient assuré respecter ce critère essentiel et continuaient de se présenter comme un modèle de rigueur dans la gestion des finances publiques. En réalité, il n’en était rien. Les commentaires des experts du FMI confirment, avec des termes différents mais un constat identique, que le Sénégal aurait en réalité un niveau d’endettement atteignant les 100 % de son PIB. Les économistes des institutions de Bretton Woods estiment que le montant des dettes non déclarées s’élèverait à environ 7 milliards de francs cfa, soit près de 25 % du PIB.

Cette situation n’est pas une première sur le continent africain : en 2016, le Mozambique avait été confronté à un scandale similaire, avec une dette cachée d’environ 1 milliard de dollars.

En termes de solution, il serait souhaitable que le FMI prenne en compte la bonne volonté des autorités actuelles:
en accordant une dérogation spéciale ;
en renonçant à la moitié de la dette faisant l’objet de sous estimation ;
Et puis en levant la suspension du prêt en cours de 1,8 milliard de dollars. Pour le reste, l’institution pourrait accorder un traitement préférentiel au Sénégal dans le cadre du remboursement, tout en continuant à soutenir les efforts entrepris par l’État.
Dr Laya Amadou GUINDO, Enseignant-chercheur FSEG/USSGB-Mali.

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