Mali

AFFAIRE FORSAT: LA POLICE MALIENNE GARANTIT L’IMPUNITÉ À LEUR CHEF, LE COMMANDANT OUMAR SAMAKÉ

septembre 4, 2021 · Par Souleymane Konate

Dans la dynamique actuelle de la lutte contre l’impunité, le commandant de la force antiterroriste(forsat) et du groupe d’intervention de la police nationale (GIPN), le Commissaire divisionnaire, Oumar Samake avait été écroué à la maison d’arrêt centrale de Bamako, dans le cadre de l’enquête sur la répression des manifestations contre le défunt régime d’IBK en juillet 2020. Pour cause, les tueries de manifestants perpétrées sous son commandement par les hommes de la FORSAT. Cependant, l’insolite se produisit lorsque des policiers mécontents ont manifesté aux abords de la prison centrale jusqu’à l’obtention de la libération de leur chef.

Le commandant de la FORSAT et du groupe d’intervention de la police nationale, Oumar Samake avait été écroué hier vendredi 3 septembre, suite aux investigations dans l’affaire des tueries de manifestants du M5, soulevés contre le pouvoir d’IBK à l’époque, il y a de cela un an déjà. Disons que ce jour avait été tant attendu par les maliens épris de justice et meurtris par les atrocités commises par cette unité censée lutter contre le terrorisme.
Cependant, la joie suscitée par l’annonce de cette arrestation du chef de la forsat aura été de courte. Il est vrai que l’insolite se produisit lorsque des policiers mécontents, massés aux abords de la prison centrale, d’où était incarcéré Oumar Samake, réclamaient la libération de ce dernier. Finalement, l’homme sera libéré sans qu’on ne sache d’où est venu l’ordre en dépit des charges de meurtres, coups mortels, coups et blessures volontaires aggravés et complicité qui pèsent sur lui.
Notons que l’interpellation du commandant de cette force antiterroriste avait été coordonnée par le premier cabinet du juge d’instruction du tribunal de grande instance de la Commune 3 de Bamako, relative à la sanglante répression des manifestations des 10 et 13 juillet 2020. De toute évidence, cette attitude émanant de notre police est des plus incompréhensibles. En effet, elle qui est censée faire exécuter les sentences de justice, s’érige plutôt en obstacle contre celle-ci, offrant au peuple malien et au reste du monde un spectacle pathétique se passant de tout commentaire.
C’est le lieu de le dire, notre police, garante de l’ordre et de la sécurité n’a point été exemplaire sur ce coup en entravant par des actes dignes de vandales et donc de délinquants un acte devant aboutir à la manifestation de la vérité dans une affaire dans laquelle des compatriotes ont péri.
Seulement, l’extirpation brutale du commandant Oumar Samaké par ses hommes ne saurait le soustraire définitivement des mailles de la justice s’il s’avère que sa responsabilité est établie dans ses tueries de masse. On se croirait dans le far West car cette méthode cavalière, peu orthodoxe, est digne d’une autre époque. Celle où des cowboys, hors-la-loi, sautant à cheval, en bandes organisées, viennent à la rescousse de leur chef qu’ils libèrent en defonçant des portes.
Toujours est – il que cette réaction indigne des forces de police, supposées être républicaines, vient renforcer les soupçons sur la culpabilité de leur chef, le commandant Oumar Samaké. Et, dans la logique des choses, ce dernier, s’il n’avait rien à se reprocher, devrait refuser cette solidarité pourtant peu ordinaire de la part de ses propres hommes. Ne dit – on pas que qui se sent morveux se mouche?
En tout cas, cette situation qui continuent de scandaliser l’opinion, traduit à suffisance, à la fois le manque de neutralité et l’incivisme notoire au sein de notre police. Face à cette inconduite, il revient aux autorités de manifester de la fermeté à l’encontre de ces fauteurs de trouble de policiers partisans afin de faire régner la justice et être en phase avec le principe juridique qui stipule que: » Nul n’est au dessus de la loi. «
Une chose est sûre, ce genre de spectacle, si l’on n’y prend garde, risque de prendre des proportions inquiétantes en provoquant des soulèvements populaires.

Souleymane KONATÉ / Duniya kibaru.net