Politique

MALI- À PROPOS DE LA PROLONGATION DE LA TRANSITION : GOODLUCK JONATHAN EN VISITE AU MALI

janvier 5, 2022 · Par Souleymane Konate

L’émissaire de la CEDEAO, l’ex-Président nigérian, Goodluch JONATHAN est attendu au Mali ce matin. Sa visite s’inscrit dans le cadre du nouveau chronogramme transmis à la CEDEAO par les autorités de la transition malienne. Cette démarche est un prélude au sommet extraordinaire, de l’organisation ouest-africaine, prévu sur le Mali, le 9 décembre prochain à Accra au Ghana.

L’émissaire de la CEDEAO, l’ex-Président nigérian, Goodluck JONATHAN est en visite ce matin dans la capitale malienne pour y rencontrer les autorités de la transition notamment. Sa démarche s’inscrit dans le cadre du tout récent chronogramme transmis au chef d’Etat ghanéen, Nana Akufo-ADDO, Président en exercice de la CEDEAO. Evidemment, au menu des débats, il sera question du nouveau délai fixé pour la durée de la transition par les autorités maliennes qui est de six mois à cinq ans. Les négociations qui seront engagées, constitueront un prélude au très attendu sommet extraordinaire de l’institution sous-régionale sur le Mali.

Il faut reconnaitre que cette volonté affichée des autorités maliennes, de prolonger la période de la transition de 5 ans, se heurte d’ores et déjà à un refus catégorique aussi bien de certains dirigeants de la CEDEAO que d’une partie de l’opposition malienne. En effet, Le parti ADEMA-PASJ a déjà fait savoir par la voix de son porte-parole qu’il concédait à la limite une année supplémentaire à la transition, et, pas au-delà, même s’il reconnaissait le besoin de réformes substantielles à entreprendre en amont. Par ailleurs, ce même parti plaide la clémence auprès de la CEDEAO afin d’épargner les populations des souffrances d’éventuelles sanctions qui viendraient aggraver celles déjà insupportables.

Il est vrai que ce nouveau chronogramme proposé par la junte crée la polémique et divise fortement l’opinion tout en enflammant les débats. Suite à cette situation, certains analystes politiques considèrent cette nouvelle prolongation de la transition comme une base de discussion et qu’il serait inconcevable que la CEDEAO accède à cette requête des autorités maliennes sous peine d’engager sa crédibilité. Pour d’autres, ce délai est raisonnable à cause, non seulement de l’ampleur des réformes conséquentes et nécessaires à entreprendre pour relever le pays mais également que cette proposition émane des assises nationales et donc de la volonté du peuple malien, dans sa majorité.

En tout cas, ces discussions promettent déjà d’être houleuses car d’un côté, la CEDEAO, très formaliste, joue la carte de sa crédibilité et redoute par ailleurs que toute complaisance de sa part, dans cette situation, n’inspire la junte guinéenne au pouvoir. De l’autre, les autorités maliennes, se sentant mandatées par le peuple, mettront en avant la question de la souveraineté, tout en s’appuyant sur ses alliés au sein même de la communauté ouest-africaine, à savoir, les Présidents Macky SALL du Sénégal et Faure GNASSINGUE du Togo.
Aussi, le manque d’unanimité au sein de l’organisation sous-régionale est un facteur déterminant sur lequel les partisans de la prolongation de la transition pourront fonder leurs espoirs.

Seulement, quelle que soit l’issue de ce nouveau bras de fer entre les autorités de la transition malienne et la CEDEAO, il serait logique, avant toute décision, de tenir compte du caractère très spécifique de la situation du Mali.

La Rédaction/Duniya Kibaru