Politique

MALI- AFFAIRE OUMAR MARIKO : DE L’ESTIME PERSONNELLE ET POPULAIRE À LA DÉCHÉANCE MORALE

décembre 9, 2021 · Par Souleymane Konate

Parmi les affaires passionnant les débats au sein de l’opinion publique malienne, figure en pôle position celle du Dr Oumar MARIKO. L’opposant historique, et, non moins Président du SADI, médite en ce moment à la Maison Centrale d’Arrêt de Bamako. Oumar MARIKO, puisque c’est de lui qu’il s’agit, est détenu pour insultes à l’adresse du premier ministre, via un enregistrement audio devenu viral sur les réseaux sociaux. Cette situation inconfortable dans laquelle se trouve le barbu de Konatébougou risque d’avoir de sérieuses répercussions quant à la personnalité du politicien.

La posture, dans laquelle se trouve en ce moment le Dr Oumar MARIKO, est fort peu enviable. Et, pour plagier l’expression populaire, on dirait que le Président du parti politique SADI «est dans de beaux draps ». Tout est parti de cet enregistrement audio, issu d’une conversation téléphonique dans laquelle l’opposant historique a proféré des insultes vomies des tréfonds même de la vulgarité à l’endroit du premier ministre de la transition, Choguel Kokala MAIGA.

D’abord interpellé par la gendarmerie, l’homme est à l’heure où nous sommes, détenu à la Maison Centrale d’Arrêt de Bamako, en attente de son procès. Il faut dire que cette attitude, de l’opposant historique, qui enflamme aujourd’hui la toile et les débats publics, semble aller au-delà de tout entendement, au regard de la personnalité même du Dr Oumar MARIKO. En effet, l’opposant historique qui jouissait d’une certaine estime aux yeux des maliens, dans leur ensemble, a surpris plus d’un, par la bassesse dont il a fait preuve. Lui qui est censé incarné la morale du fait de ses ambitions de toujours, d’accéder aux plus hautes fonctions et de présider ainsi aux destinées de notre pays.

Comme bien d’autres politiciens maliens du moment, le Président du SADI s’est laissé emporter par la haine viscérale qui le consumait à l’endroit de l’actuel premier ministre. Seulement, ces injures d’une rare dose d’obscénité s’illustrant par leur grossièreté ne seront pas sans conséquences, au plan personnel, pour celui qui a toujours convoité la magistrature suprême de son pays. Aussi, comment Oumar MARIKO qui s’est toujours voulu exemplaire, garant de la droiture et de la probité morale a pu faire preuve de légèreté en se montrant si grossier ?

En tout cas, tout porte à croire que cet enregistrement audio aura dévoilé au grand jour les instincts les plus enfouis de l’opposant historique dont la popularité semble, d’ores et déjà, visiblement dégringoler en chute libre dans les sondages de masses. Faut-il le dire, le barbu de Konatébougou, avant même son procès, est déjà marqué du sceau du discrédit par le fait de propos jugés aussi choquants qu’offensants aux yeux de l’opinion et, le tout amplifié par le fait que, lesdits propos soient de surcroit dirigés contre l’une des plus hautes autorités du pays.

Disons que c’est la baraka même qui abandonne Oumar MARIKO car le moment semble mal choisi pour lui, de s’attaquer à un homme qui, aujourd’hui plus qu’hier, jouit d’une certaine compassion populaire au regard du contexte actuel. Et, il ne serait pas exagéré de dire qu’au-delà de simples sympathisants, ce sont aussi des militants que le président du SADI risque de perdre au nom de cette entorse aussi gratuite que publique portée à la morale et à la pudeur.

C’est certainement le lieu de le rappeler, la société malienne, par-dessus tout, reste rattachée aux valeurs de la courtoisie, de la mesure et de la retenue dans les propos, en toute circonstance, et, qui fondent les piliers même de notre humanité. Dans ces conditions, le Dr Oumar MARIKO se trouverait du mauvais côté de la pente, et, de lui, l’histoire retiendra qu’il n’a pas été le modèle devant inspirer les nouvelles générations pour avoir offert aux maliens et au reste du monde une image aussi déshonorante. Par conséquent, le dicton selon lequel la barbe n’est pas synonyme de sagesse tient toutes ses promesses du fait qu’il illustre à suffisance la situation de Dr Mariko qui semble s’identifier par la sienne.

Quant au diagnostic des causes de son acte, il pourrait révéler, au-delà même de la personne de Choguel, des frustrations cumulées, suite aux nombreux échecs enregistrés au cours de sa longue quête du pouvoir.

Coup du sort ou du destin, ce désaveu d’Oumar MARIKO, est peut-être le signal fort selon lequel les politiciens maliens, tout bord confondu, au lieu de persister dans d’interminables et dégradantes querelles interpersonnelles, devraient plutôt se focaliser sur l’essentiel qui est le Mali, toujours en proie à une crise socio-politique et sécuritaire sans précédent.

La Rédaction/Duniya Kibaru