MALI- L’ AMBASSADEUR DE LA FRANCE DÉCLARÉ PERSONA NON GRATA: LES RAISONS PROFONDES D’UNE RUPTURE
Le bras de fer entre le Mali et la France connaît un nouveau rebondissement. Les choses vont de mal en pis pourra – dire. En effet, dans un communiqué hier, diffusé sur les chaînes de la télévision publique, les autorités maliennes de la transition ont clairement signifié que l’ambassadeur de la France disposait désormais de 72 heures pour quitter le Mali. Les relations entre les deux pays étaient déjà très tendues et les récents propos discourtois à l’encontre des autorités maliennes de la part de Jean-Yves Le DRIAN, ministre des affaires étrangères de la France, constituent la goutte d’eau qui a fait déborder le vase.
Le torchon brûle sérieusement entre Bamako et Paris en ce moment. Les relations entre les deux pays ont atteint un degré de pourrissement avancé. Par conséquent, dans un communiqué diffusé hier sur les chaînes de la télévision nationale, les autorités maliennes, ont de façon très explicite, informé l’opinion sur le fait que l’ambassadeur français en poste au Mali ait été déclaré persona non grada. Ainsi, le diplomate, en l’occurrence, Joël MEYER, dispose désormais de 72 heures pour quitter le territoire malien.
Pour les dirigeants de la transition malienne, cette décision est la résultante des propos désobligeants tenus par Jean Yves Le DRIAN à leur endroit. En effet, ce ministre un peu trop zélé aux manières fort peu orthodoxes, avait taxé la junte malienne d’irresponsable et illégitime aux décisions irresponsables lorsque celle-ci avait sollicité et obtenu le départ des forces spéciales danoises déployées sur notre territoire, par la seule volonté de la France. Des propos que Bamako avait jugés inacceptables car mettant en cause la souveraineté même du pays.
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Disons que ces derniers temps, Paris avait multiplié les attaques contre le Mali en soutenant ouvertement les sanctions de la cedeao puis en pilotant une campagne d’intoxication à l’échelle européenne contre le pays et en sollicitant une déclaration de l’ONU visant à sanctionner l’État malien. Cette dernière fut fort heureusement bloquée par la Russie et la Chine qui y ont opposé leur veto. Enfin, force est de rappeler les déclarations horripilantes de la ministre française des armées, Florence PARLY, qui elle, a parlé de provocation de la part du Mali. Ces différents actes ou tentatives de porter atteinte aux intérêts du Mali sont perçus comme des actions de nature à empoisonner les bonnes relations diplomatiques qui devraient prévaloir entre les deux pays.
La décision de renvoi de l’ambassadeur français, en toute logique, a pour but de clarifier uniquement la situation entre le Mali et la France en ce moment. Pas question donc de toucher aux français vivant chez nous et encore moins nuire aux intérêts de la France au Mali, selon le ministre malien des affaires étrangères, Abdoulaye DIOP. Pour situer les causes d’une telle rupture des relations diplomatiques, il faut se projeter au second coup d’État du colonel Assimi Goïta, actuel Président de la transition contre Bah N’Daw, son prédécesseur. Une situation qui avait carrément fait monter le fiel chez Emmanuel MACRON qui avait alors pris ses distances face à la junte au pouvoir au Mali. Ajouté à cela, il faut évoquer la volonté de prolongation de la période de transition à 5 ans par les dirigeants de la transition telle qu’issue des assises nationales de la refondation.
Aussi, au regard de la situation actuelle, on est en droit de se demander jusqu’où ira ce bras de fer entre Bamako et Paris? Difficile à dire dans la mesure où les autorités de la transition, jouissant en ce moment même d’un fort soutien populaire, sont plus que jamais déterminées à relever le challenge, en dépit des nombreuses tentatives d’isolation de la scène sous regionale et internationale dont elles font l’objet.
Vraisemblablement, nous semblons dans une situation de non retour car la junte au pouvoir, galvanisée à blanc par le sursaut national et patriotique qu’elle a su susciter auprès des maliens, n’est pas disposée à courber l’échine. Quant à la France, incarnée par MACRON, Le DRIAN et compagnie, elle joue la carte de sa crédibilité en tant qu’ancienne puissance coloniale.
Dans ces conditions, tous les critères d’un dialogue de sourds sont réunis. Pourtant, des analystes avertis avaient prédit ce scénario virant vers la fin de l’hégémonie française en Afrique. Et, le destin aura peut-être décidé que cela se passe au Mali.
Affaire à suivre !
La Rédaction / Duniya kibaru
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