Politique

QUI VEUT LA MORT D’ASSIMI GOÏTA ?

juillet 20, 2021 · Par Souleymane Konate

Deux individus ont tenté ce mardi matin de poignarder le président de la transition malienne, le colonel Assimi Goïta. C’était au cours du rite musulman de l’Aïd al-Adha, la fête du Sacrifice, à la Grande mosquée de Bamako.
Ces évènements qui ont frisé le drame se sont déroulés après la prière et juste au moment où l’imam s’apprêtait à sortir de la mosquée pour immoler le mouton. Le président Goïta a alors été exfiltré des lieux indemne.
Les questions qui taraudent les esprits en ce moment sont celles de savoir les raisons qui ont motivé cet acte à vocation criminelle et aussi à qui profite la mort du Président de la transition? Si pour le moment ces interrogations restent énigmatiques, elles ne devraient pas le demeurer longtemps car interrogée, une source proche de la présidence laissa entendre ceci:« Nous sommes en train de mener l’enquête. Au moins une personne a tenté de l’attaquer avec un couteau à la Grande mosquée de Bamako ce jour ».
Dans tous les cas, quant à la question de savoir si le Colonel Goïta avait des ennemis, il est loisible de répondre que l’homme ne s’était pas fait que des supporteurs avec ce double puschts dont celui du Président Ibrahim Boubacar KÉITA d’abord puis de Bah N’daw ensuite et dont les soutiens indéfectibles ruminent encore en sourdine leur colère. Et, en particulier, il faut reconnaître qu’Assimi Goïta s’était attiré la foudre de l’ancienne puissance coloniale, en l’occurrence, la France à travers l’éviction de l’ex-president de la transition, Bah N’Daw. D’ailleurs cette situation lui avait valu la décision d’Émmanuel Macron de retirer la force Barkhane du Mali suivi d’une suspension immédiate des opérations conjointes avec les FAMA.
Et comme amplificateur à cette crise politico-militaire entre Paris et Bamako, le Colonel Goïta, doté d’un calme à la fois olympien que légendaire avait manifesté une indifférence notoire face à la décision de la France de retirer ses troupes engagées dans la lutte contre le terrorisme au Mali et de solliciter par la même occasion, de facto, la Russie. Suite à ces différentes situations, il ne serait pas exagéré de dire qu’aujourd’hui une partie de l’opinion y verrait à travers cette tentative d’assassinat une main noire de la France pour répondre à ce qu’elle pourrait qualifier comme un affront à son autorité de la part d’un dirigeant d’une de ses anciennes métropoles. Par ailleurs, il faut rappeler l’altercation verbale qu’il y a eu entre Mohamed Bazoum, Président nigerien et Assimi Goïta qui pourra également être considéré comme ayant un lien avec cette sombre affaire.
De toute évidence, cette attaque ratée, même si elle aura pour effet d’accroitre la côte de popularité du Colonel, ouvre quand même la boîte des pandores et sonne tel un cinglant avertissement à l’endroit du Président Goïta qu’on s’apprêtait à tuer au même titre qu’un animal sacrificiel le jour même de la fête de tabaski.
Cet attentat manqué prouve à suffisance que la transition malienne est encore une fois de plus fortement menacée car elle vient de frôler de peu le péril. Un message fort qui appelle les maliens de tout bord à l’union sacrée à un moment où le pays connaît une avancée fulgurante du terrorisme et qui a donc besoin que l’on se serre les rangs.
À ce titre, toute éventuelle interruption brutale de cette transition aura indubitablement des effets dévastateurs sur l’ensemble du processus enclenché pour sortir le pays de la crise.
Souleymane KONATÉ / Duniya kibaru.net