MALI- LE CapDH ET SES PARTENAIRES ONT COMMEMORÉ LA JOURNEE INTERNATIONALE POUR L’ELIMINATION DE LA VIOLENCE A L’EGARD DES FEMMES
Le Centre d’Assistance et de promotion des Droits Humains (CapDH) et ses partenaires, à l’instar du FAMOC et l’Ambassade du Royaume du Danemark ont célébré en grande pompe, la journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. C’était le mardi dernier, 28 novembre 2023, au centre international des conférences de Bamako à partir de 10h.
Le 28 novembre 2023, le Centre d’Assistance et de promotion des Droits Humains (CapDH) et ses partenaires, à l’instar du FAMOC et l’Ambassade du Royaume du Danemark, ont commémoré la journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. Pour célébrer cet évènement mémorable, le CapDH et ses partenaires ont organisé une rencontre au cours de laquelle panélistes et participants ont échangé dans un esprit de partage d’expériences et de témoignages allant dans le sens des violences à l’égard des femmes. Au cours de cette cérémonie, il a été démontré qu’aujourd’hui comme hier, le phénomène de la violence à l’égard des femmes, loin de s’estomper, est une triste réalité dans nos sociétés. Pour étayer cela, au cours des débats, plusieurs causes des Violences Basées sur le Genre ont été évoquées par différents intervenants.
Ainsi, il a été reconnu que certaines situations telles que l’état de suffisance de l’époux entretiennent les Violences Basées sur le Genre. Pour illustrer cette réalité, le concept du déni d’opportunité a été développé par l’un des panélistes, en l’occurrence, M Bréhima BALLO. Cet expert a éclairé la lanterne de l’assistance en présentant ledit concept comme étant une pratique selon laquelle les hommes, socialement suffisants dans leur foyer, refusent aux femmes certaines opportunités telles que travailler ou étudier. Il a conclu que ce phénomène nuit surtout à l’homme car, dit-il, une femme épanouie s’occupe d’abord de ses enfants.
Dans cette même dynamique, Mme DIAWARA, la Présidente de l’APDF a mis en exergue le phénomène d’héritage qui porte préjudice à l’épouse en l’absence de l’homme du fait que les parents de son défunt mari s’imposent le plus souvent et dépossèdent femme et enfants.
Dans le cadre des interventions, M Albert KANOUTE a rendu responsable les religions dans leur ensemble et la société, qui, selon lui n’ont pas joué le rôle d’éducateur, dans la mesure où, a-t-il poursuivi, l’homme devrait recevoir une éducation spirituelle avant de lui donner une femme afin de le rendre meilleur dans son foyer.
Par ailleurs, panélistes et participants ont émis des avis mitigés quant à établir la responsabilité de la religion musulmane comme facteur aggravant des VBG. En effet, si pour certains, l’islam favorise les violences à l’égard des femmes, d’autres intervenants recommandent d’éviter l’amalgame entre religion et pratique.
Les discussions ont certes été houleuses par endroit mais se sont avérées productives du fait qu’elles ont permis des ébauches de solutions et des suggestions à l’encontre des VBG telles que la sensibilisation, l’éducation, l’option de modes alternatifs de règlement de conflits conjugaux par préférence au règlement judicaire, la mise en place de guichets uniques dans le cadre des règlements ou préventions de conflits conjugaux dont 17 sont déjà opérationnels selon M DIAKITE, le représentant du gouvernement à cette rencontre.
Aussi, l’aspect juridique de la lutte contre les VBG a été abordé par Maitre Saran DIAKITÉ, Avocate, représentante de la commission des droits constitutionnels. Évoquant le code pénal, ce document a fait l’objet de critique en ce sens qu’il lui ai reproché de contenir essentiellement des dispositions de répression et d’être muet quant à la prévention. Selon cette avocate, la rente viagère a été proposée lors des ateliers d’écoute comme mode de règlement et de prévention des VBG à l’endroit de l’époux qui amputerait sa conjointe d’un de ses membres.
En tout cas, cette rencontre a tenu toutes ses promesses autour d’un débat, franc, courtois et constructif. Cette initiative salutaire visant à assainir la vie conjugale, pilier de la société, mérite d’être pérennisée.
Chapeau au CapDH et partenaires.
La Rédaction/Duniya kibaru
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