ÉDITO- Dr ABDOUL SOGODOGO: « COUP d’ÉTAT ET DÉMOCRATIE EN AFRIQUE DE L’OUEST »
Malgré les mécanismes juridico-politiques mis en place par les jeunes démocraties ouest- africaines par l’entremise des lois fondamentales (Constitution) et la pression de la communauté internationale (CEDEAO, UE, USA, etc.), on assiste encore à des coups d’Etat par-ci et par-là.
De nos jours, on ne peut plus se contenter de condamner les coups d’Etat qui ne sont que des conséquences du mauvais fonctionnement de nos institutions. Il faut en finir avec les lamentations. Il faut en finir avec le fatalisme. Il y a mieux à faire. Il faut plutôt s’attaquer aux racines du mal, précisément les causes réelles des coups d’Etat.
J’avoue que ces coups d’Etat sont à condamner par principe parce qu’ils constituent une rupture de la démocratie, de l’ordre constitutionnel, de l’État de droit, etc. Mais que peut-on espérer? Tant que la démocratie se résumera à la tenue régulière des élections et le maintien de l’ordre constitutionnel plutôt qu’une gestion participative des affaires publiques, alors ne soyons pas surpris!
En plus, tant que les élus tronqueront le jeu démocratique pour se maintenir, à tout prix, au pouvoir (troisième mandat) ou pour introniser leur enfant, le coup d’Etat sera présenté comme salvateur d’un ordre démocratique menacé ou de la survie de la Nation.
Dans ces conditions, sans aucune surprise, on peut comprendre les coups d’État comme des manifestations d’un corps malade «la fièvre». De même que la fièvre est un symptôme de la maladie, le coup d’État est la conséquence de notre pratique démocratique, notre gouvernance, notre distribution inéquitable de la justice, etc.
Tout comme le malade paludéen, si on se contente de soigner uniquement la fièvre, on est sûr que la maladie se chronicise. De même, organiser sans délai, (comme la CEDEAO l’exige par exemple) des élections pour revenir à un semblant de normalité démocratique est annonciateur d’un autre coup d’Etat.
Faisons plutôt bon usage de la transition pour faire un véritable diagnostic de notre pays et d’apporter ensemble des réponses responsables aux maux de l’État. Le combat pour la démocratie et une gouvernance transparente est autant de la responsabilité des autorités que du peuple, car il s’agit de prendre en mains notre destin commun.
Quand nous aurons compris que notre indépendance et notre développement doivent être défendus par le Peuple tout entier et non pas seulement par un Président ou un gouvernement encore moins une armée, alors nous n’aurons plus recours au coup d’Etat, du moins j’ose espérer.
Il nous faut une société civile forte et responsable. Je fais allusion à une société civile capable, au sens propre du terme, de faire le contrôle citoyen responsable.
Nul ne devrait être président que s’il est en symbiose avec le Peuple. L’armée est par essence la force organisée par le Peuple pour assurer sa sécurité et celle de ses biens. Elle est, de ce fait, le premier pilier de la démocratie et du développement de nos nations. Elle est muette, certes, nous la reconnaissons aussi par son courage et son dévouement au Peuple. Elle n’est l’adversaire d’aucune organisation politique. Elle est républicaine et apolitique. J’ajoute même que, la défense de la nation n’est pas l’affaire des seules forces de défense et sécurité, mais plutôt un devoir pour tous les citoyens.
Dr Abdoul Sogodogo
Que dire après une telle analyse ?
l’Afrique doit se repenser . D’une manière générale, elle est malade de sa gouvernance, de ses hommes politiques.
Nous avons mimé le système occidental et on ne fait rien comme eux.
Ne faudrait il pas y – démocratie- aller avec ses réalités propres.
Si le coup d’État est un crime contre l’humanité, que dire de la mauvaise gouvernance ?
Comme l’a si bien dit l’analyste, il faut attaquer le mal à la racine.
Les putschs à répétition sont le signe d’un malaise.
Pourtant en Afrique, il y eut des coups de »tas » salvateurs ex: Rawlings au Ghana, pendant 11ans il a gouverné et mis le Ghana sur la voie du développement.
Ce qui se passe au Mali est un cas d’école.
La grande muette est au devant de la scène par ce que les politiques ont échoué.
Que dire de la pègre internationale qui sponsorise les régimes corrompus ? Les coups d’État ? Font et défont les présidents ?
l’Afrique doit se repenser…
J’ai voulu écrire » si le coup d’État est un crime contre la démocratie ».
J’ajoute que ceux ( les européens, …la pègre internationale et compagnie) qui crient au nom de la démocratie, n’ont jamais été démocrates.
On ( les africains d’une manière générale) a été berné d’ailleurs.
Démocratie, développement , c’est chacun selon ses réalités.