MALI- Dr LAYA AMADOU GUINDO RÉAGIT AUX QUESTIONS D’ACTUALITÉ POLITIQUE
La radio Africa FM organisa samedi le 12 février 2022 un débat sur la politique dans une émission intitulée « politik kené ». Les invités étaient Martin et Docteur Amadou Laya GUINDO sur les questions d’actualité politique au Mali. Le débat était coordonné par M. Sané, l’animateur vedette de l’émission.
- Africa FM : quelle est votre réaction face aux rumeurs du supposé vocal divulgué sur les réseaux sociaux entre le président ivoirien Alassane Ouattara et l’ex premier Ministre Boubou Cissé ?
- Dr Laya Amadou GUINDO : Bon comme vous l’avez si bien dit, ce sont des rumeurs pour le moment et j’ai même entendu que l’affaire est entre les mains de la justice. Comme c’est une affaire en cours aussi en tant que bon citoyen ayant confiance en la justice de son pays, je ne saurais affirmer quoi que ce soit dans cette affaire non mise au point par la justice. Mais par contre, ce que je pourrais ajouter c’est un vocal quand même dont la plupart des Maliens en ont.
- Africa FM : le fait de ne pas pouvoir soutenir la transition et aussi l’élargissement du CNT n’est pas parce que vous, le cadre, n’avez pas d’intérêt au sein ?
- Dr Laya Amadou GUINDO : Dire à un politicien que son combat pour le pouvoir n’est rien d’autre qu’avoir le pouvoir, c’est une déclaration non sensée car la vraie définition de la politique c’est l’exercice et la conquête du pouvoir, sauf si on sort hors de la démocratie. Je reviendrai approfondir ta question, bien avant, j’aimerais apporter quelques précisions aux réponses de Martin. L’ex-président de la transition Bah N’DAW et Assimi GOITA ont tous preté serment en s’engageant à respecter le délai. Encore mieux, le 07 juin 2021, à la seconde prise de pouvoir de la transition, il a encore preté serment. Ensuite dire que le respect du délai de la transition est intenable et que même l’ex-président par intérim, Djoncounda TRAORÉ, n’a pu le faire. Voyons, comment un homme frappé et blessé par un coup de marteau sur la tête pourrait respecter un délai de 40 jours, en passant déjà 4 semaines aux soins intensifs à Paris (France). Aussi, dire que la refondation nationale dépendra du pouvoir de la transition était inacceptable pour le cadre car refonder le Mali ou un pays peut aller de 1 an à 5 ans voir 8 ans etc. Mais on peut commencer et après la fin de la transition de 18 mois d’autres viendront continuer jusqu’à ce que ça se refonde.
Enfin, la 4e précision a apporté est que le cadre a été voir le président au palais pour discuter certes mais il n’y avait pas eu de consensus entre nous. Car les autorités de transition avaient déclaré que le délai de la transition était en rapport avec les assises nationales de la Refondation alors que le cadre n’était pas d’accord et a demandé de les dissocier préalablement.
Vous voyez toute la confusion, quand il s’agissait seulement de discuter de la refondation pourquoi le cadre serait contre, après tout, nous sommes tous des Maliens. Cependant, c’était question de remise en cause de la charte au cours des assises tandis que pour nous le cadre, on ne change pas les règles du jeu pendant le jeu. - Africa FM : Pouvez-vous aller à Koro qui est votre village natal pour faire les élections ?
- Dr Laya Amadou GUINDO : Les assises ont eu lieu à Koro et pour ce qui s’agit des élections, que cela soit la CEDEAO, l’UEMOA, les Nations-Unies …. Viendront nous aider, comme ça été le cas lors des élections de 2013, 2018, 2020 dans l’insécurité totale. Ce que les gens ne comprennent pas, sécuriser un territoire et sécuriser les élections sont deux choses différentes, je sais tout à fait que c’est les gens qui sortent pour aller voter mais la question de la sécurité a été approuvée lors de ces trois années sus-citées. Et, ce qui concerne la sécurité territoriale, c’est une mission régalienne (quotidienne) de l’Etat.
Questions au public
-Nous aimerions savoir si la sécurisation du territoire dépend seulement des élections pour les politiciens ? (Oumar Coulibaly)
– Dr Laya Amadou GUINDO : À cette question il faut savoir que la mission de sécurité du pays est régalienne, c’est-à-dire c’est une mission confiée aux autorités mises au pouvoir par le peuple. Et ce n’est pas une mission qui doit s’accoupler à des questions d’élections et ni non plus une question de 1 à 3 ans voir 4 etc. J’ai l’habitude de dire que prendre le pouvoir par la force n’est pas une bonne option car nos ancêtres tels que Soundjata Keita, Da Monzon … ont pris le pouvoir dans la démocratie et c’est un comportement que nous devrons adopter nous aussi à notre tour. - Africa FM : Pourquoi dans l’accord d’Alger on nous oblige d’appliquer l’option de la police territoriale alors dans ce même accord déposer les armes était aussi la première option.
– Dr Laya Amadou GUINDO : Certes, c’était écrit dans l’accord mais, l’objectif même de cet accord est que la confiance règne entre les maliens et c’est cela le véritable problème aujourd’hui. Cet accord d’Alger était aussi un moyen de dire que les nordistes ne sont pas mieux que les sudistes et vis-versa. Aussi, ni une ethnie est meilleure que l’autre. C’est une façon de montrer que tous les maliens sont égaux et qu’il ne doit pas avoir des armes entre nous. - Dr Laya Amadou GUINDO : Je pense que l’indépendance d’un pays n’est pas de sortir sous la main d’une puissance et de se redonner à une autre puissance mais plutôt se prendre en charge lui-même en question. Et nous avons vu que les autres pays ont su le faire. Ensuite, le fait de dire que la France n’est pas notre amie, que c’est la Russie, n’est pas une vérité car l’État ne peut avoir que de partenaires. Autrement dit, c’est une question d’intérêt entre les Etats, oui même la Chine est un partenaire pour le Mali et non une amie car elle voit un intérêt en nous.
- Africa FM : Quels seront vos mots de fin d’émission ?
– Dr Laya Amadou GUINDO : Je salue la radio Africa FM ainsi que tous les auditeurs intervenus ou non intervenus dans l’émission aussi vous remerciez. Dire que l’ennemi du Mali est la communauté internationale si c’était le cas, elle ne serait pas ici, juste chacun défend son intérêt. Ensuite, le Mali n’a pas besoin actuellement d’un bras de fer que cela soit face à l’Union européenne ou africaine mais plutôt de solutions pour sortir le pays de la crise. Aucun État ne pourrait stipuler qu’il n’a besoin de personne même les grandes puissances.
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