BURKINA FASO – LE COUP DE FORCE EST CONFIRMÉ, LE PRÉSIDENT KABORÉ EST DÉPOSÉ, LES MILITAIRES PRENNENT LEUR RESPONSABILITÉ
Une actualité en chasse une autre, c’est maintenant officiel, le coup de force est confirmé au Burkina Faso. Un groupe d’officiers est finalement apparu à la télévision nationale pour annoncer la fin des fonctions du Président Rock Marc Christian KABORÉ, la suspension de la Constitution, la dissolution du gouvernement et l’Assemblée Nationale, la fermeture temporaire des frontières terrestres et aériennes. À la tête de la junte, le nouvel homme fort du Burkina Faso, le lieutenant colonel, Paul – Henry Sandaogo Damiba, officier supérieur de l’armée. L’intention des putschistes, selon leur déclaration, est de remettre le pays sur le bon chemin et lutter pour le respect de l’intégrité territoriale.
Il n’y a plus de doute ni sur l’identité des mutins, encore moins sur leur intention à travers ce putsch. Après avoir, de longues heures durant, semé la confusion et maintenu le suspense, les auteurs de la mutinerie ont finalement dévoilé leur identité et leurs véritables intentions. En effet, le coup d’État est désormais officiel après l’apparition sur les chaînes de la télévision publique, d’un groupe d’officiers, réunis au sein du (MPSR) Mouvement Patriotique pour la Sauvegarde de la Restauration, pour confirmer la fin des fonctions du Président Rock Marc Christian KABORE, la dissolution du gouvernement et de l’Assemblée Nationale, la fermeture des frontières terrestres et aériennes ainsi que la suspension de la Constitution. Cette junte militaire qui a désormais en mains les rennes du Burkina Faso, est dirigée par le lieutenant – colonel, Paul – Henry Sandaogo Damiba, officier supérieur de l’armée. Ce nouvel homme fort du pays se présente comme un éclairé de l’armée de son pays, pour avoir mené des études supérieures dans le métier des armes à Paris et pour avoir pris part à de nombreuses opérations militaires dans le sahel. Ainsi, l’homme a su se tailler une réputation aussi bien au sein de l’armée que de l’opinion dans son pays.
Dans leur déclaration à la télévision nationale, ce groupe d’officiers a annoncé avoir agi pour remettre le pays sur le bon chemin en mettant fin à l’occupation à travers la reconquête de l’intégrité territoriale. Ils avouent dans le même temps avoir traité l’ex-Chef de l’État et sa suite, constitués prisonniers, avec respect. Les putschistes affirment être enclins à l’observation des obligations internationales et assurent vouloir présenter un calendrier électoral acceptable de tous pour un retour à l’ordre constitutionnel.
Par conséquent, les condamnations de principe ont fusé de toute part, et, notamment de la CEDEAO puis de l’Union Européenne ainsi que des États-Unis. Avec ce coup d’État, le Burkina Faso s’illustre parmi les pays ayant connu des interruptions constitutionnelles ces dernières années.
Il faut dire qu’après les coups de force pour cause de tripatouillage constitutionnel et la mal gouvernance, la montée en puissance du terrorisme s’impose déjà comme un facteur majeur d’éjection de Chef d’État dans les pays en proie à ce phénomène. Après Amadou Toumani TOURÉ et Ibrahim Boubacar KEÏTA au Mali, Rock Marc Christian KABORÉ est ainsi le troisième Président démocratiquement élu, victime de la recrudescence du terrorisme transfrontalier. Et, à ce rythme, l’on est tenté de se poser la question de savoir « À qui le tour? ». Sans langue de bois, il y a de quoi couper le sommeil au Président Mamadou Youssoufou du Niger même si bien des fois, les mêmes causes ne produisent pas toujours les mêmes effets.
Par ailleurs, cette nouvelle source des coups d’État en Afrique doit interpeller la CEDEAO trop longtemps cloîtrée dans sa posture du « médecin après la mort » ou dans son rôle légendaire de « bourreau des peuples » à travers des sanctions avilissantes et improductives. Le temps est peut-être venu pour l’institution ouest-africaine d’être proactive et s’évertuer à la stabilisation de la zone sous regionale en proie aux crises sécuritaires les plus aiguës.
De toute évidence, ce nouveau putsch, contre Rock Marc Christian KABORÉ, semble être un signal fort des peuples africains, plus que jamais lancés dans une logique de légitime défense, pour assurer leur propre survie face à l’incapacité notoire des dirigeants préoccupés à leur seul confort et incapables de résoudre la complexe équation des crises sécuritaires pour le bonheur de leurs populations.
En tout cas, sauf deux poids deux mesures, le MPSR risque fort bien d’être confronté à deux fronts, à savoir lutter contre le terrorisme mais aussi se débattre contre les exigences, le plus souvent, insensées de la CEDEAO.
La rédaction/Duniya kibaru
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