BURKINA FASO – SITUATION TOUJOURS CONFUSE: SIMPLE MUTINERIE OU COUP D’ÉTAT CONSOMMÉ?
Depuis ce matin, la situation reste toujours aussi confuse au Burkina Faso. De source sécuritaire, le Président de la République, Rock Marc Christian KABORE est arrêté puis détenu au camp militaire Sangoulé Lamizana. Des militaires armés et cagoulés stationnent aux abords de la Radio Télévision du Burkina Faso. Les soldats mutins sont porteurs de toute une batterie de revendications à l’endroit des autorités. Une déclaration devrait être faite dans les prochaines heures.
La situation reste toujours aussi confuse au pays des hommes intègres. De source militaire, le Président Rock Marc Christian KABORE a été arrêté et détenu au camp Sangoulé Lamizana. Des hommes armés et en cagoule quadrillent la Radio Télévision du Burkina Faso. Pour éclairer les lanternes, une déclaration devrait être faite dans les toutes prochaines heures.
Tout est parti d’une mutinerie qui a éclaté, hier dimanche 23 janvier, dans plusieurs casernes et dans plusieurs villes de province. Ces mutineries ont toutefois été amplifiées par des manifestants qui ont même enflammé le siège du régime en place. Les soldats mutins sont porteurs de plusieurs revendications dont les plus saillantes font état de la mise à disposition d’un matériel adéquat pour affronter les terroristes, le recrutement d’un plus grand nombre de soldats, l’entraînement des militaires pour être à la hauteur du défi à relever, le changement à la tête de la hiérarchie militaire, une meilleure prise en charge des soldats et même la démission du Chef de l’État.
Pour justifier cette attitude des militaires en mutinerie, faudra revenir sur l’escalade du terrorisme qui a déjà endeuillé bon nombre de familles au Burkina Faso et, parmi lesquelles de nombreux soldats. La dernière attaque qui remonte à celle de Ouahigouya dans le nord du Burkina Faso et qui a fait 41 morts, semble être la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Au regard de sa gestion de la crise, de nombreux burkinabés se sont rendu à l’évidence que le Président de la République était à court de solutions susceptibles de juguler la crise sécuritaire et politique. En effet, depuis son accession à la magistrature suprême, l’homme a changé deux premiers ministres, quatre ministres de la défense et quatre chefs d’État – major généraux sans parvenir à un résultat satisfaisant.
Par ailleurs, en plus de la recrudescence de la crise politique et sécuritaire, certains événements présageaient ce à quoi nous assistons en ce moment, à savoir, le double procès de Thomas Sankara et celui tout récent de militaires jugés pour tentative de coup d’État.
Il faut en plus noter que la situation actuelle préoccupe au plus haut point la CEDEAO, qui a déjà fait part de sa vive préoccupation. Quant à la France, qui a d’ores et dejà dramatisé la situation elle demande à ses ressortissants de rester sur place. Comme un vautour qui sait flairer le danger, l’ancienne puissance coloniale, par expérience, a le don de sentir la fin de règne d’un dirigeant africain d’une de ses ex-colonies.
Souleymane KONATÉ/Duniya kibaru
Comme antérieurement signalé le printemps ou l’harmattan sahélien est parti du Mali.
Si le coup d’État est un crime imprescriptible, qu’en est il de la mauvaise gouvernance ?
Sinon comment expliquer que le poison – coup d’État – devienne le remède ?
Cette » CD chaos » n’ayant pas de »kit anti coup d’État » ne peut que constater les dégâts et condamner à coup de communiqués à la limite du ridicule.
L’espace ouest africain dont le développement est plombé par des pantins à la solde de l’ancienne puissance coloniale, semble ( le Mali en tête, ensuite la Guinée Conakry et maintenant le Burkina Faso) plus que jamais décidé à prendre son destin en main.
Ce qui fait que bien souvent la légalité s’incline face à la légitimité .
Jerry Rawlings du Ghana est un exemple de coup d’État salvateur. Il a gouverné pendant 11ans et la suite est connue.
Et ce vent nouveau n’est pas prêt de s’arrêter .
Loin de moi toute idée de faire l’apologie du coup d’État, mais la démocratie en sa forme actuelle a échoué semble t- il !
Le mode d’emploi est obsolète ou du moins ne s’adapte pas à nos réalités.
Il y’a des coups d’État qui s’expliquent en fait.
Dans de pareilles circonstances, pas étonnant que le peuple- première des institutions informelles- réclame et reprenne ses droits .
Espérons que le vent de liberté qui souffle en Afrique de l’ouest puissent inspirer les bons hommes.