Politique

MALI- AFFAIRE DR KEB : LES SECRETS QUI ENTOURENT LA LIBÉRATION DE L’ARTISTE

novembre 17, 2021 · Par Souleymane Konate

Fin de calvaire pour Amadou KEBÉ dit Dr Keb et son compagnon Ousmane Coulibaly alias Dr Bacozy. L’enlèvement de l’artiste, le 29 juillet, près de Tombouctou, en compagnie de deux autres membres de son label, avait ébranlé la société malienne dans son ensemble. Leurs ravisseurs qui ne sont autres que les combattants de la Katiba Macina, d’Amadou Kouffa, ont fini par les libérer le lundi 15 novembre. Si les otages ont pu regagner Bamako, sains et saufs, trop de mystères autour de leur libération restent cependant à élucider.

Pour revenir aux faits, il faut dire que Dr Keb et compagnie avaient été victimes d’enlèvement le 29 juillet près de Tombouctou alors que ces jeunes gens étaient en pleine tournée dans la zone. Le trio magique de la prestigieuse équipe « Dr Team », composé de Amadou Kebe, dit Dr Keb, Alfousseyni Touré, Dr Alouss et Ousmane Coulibaly, Dr Bacozy avaient été pris en otage par les combattants de la Katiba Macina, membre du groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, affilié à AQMI. Si par la suite, l’un d’eux, Alfousseyni Touré, surnommé Dr Alouss sera libéré, ses deux autres compagnons d’infortune passeront plus d’une centaine de jours en captivité. C’est au prix d’une mobilisation sans relâche, de la part de leur propre label, famille et d’une implication de dernière minute de la présidence malienne de transition qu’ils doivent aujourd’hui la liberté.

Des zones d’ombre autour de cette libération

Aussi, si cette affaire, digne d’un film de suspense connait aujourd’hui un dénouement heureux, force est de noter qu’elle camouffle bien quelques zones d’ombre. En effet, rien a fusé quant aux conditions qui ont prévalu dans les négociations ayant abouti à la libération des otages. Or, en la matière, les ravisseurs demandent le plus souvent le paiement de rançon ou encore l’échange de prisonniers ou même les deux à la fois.
On se souvient que les libérations de feu Soumaila CISSE ainsi que de la française Sophie PETRONIN avaient nécessité les conditions sus-citées. Alors, le citoyen lambda malien s’interroge sur le prix payé afin que Dr Keb et compagnie recouvrent la liberté. Autrement dit, y a-t-il eu paiement de rançon, échange de prisonniers ou les deux à la fois? Un questionnement dont la réponse semble, pour l’instant, demeurer dans le secret des dieux.
Il faut dire que le fait que l’artiste et son compagnon aient été reçus par la présidence malienne, à leur libération, ne saurait occulter le mutisme prolongé des autorités dans cette affaire. Une attitude incomprise et dénoncée de part et d’autre même s’il s’agit de stratégie appropriée relative à ce type de situation.

Un coup de pub médiatique pour les ravisseurs

En tout cas, quant à Dr Keb, il n’a pas manqué de gratifier ses ravisseurs d’un coup de pub médiatique lorsqu’il confia à RFI qu’ils n’avaient pas personnellement été maltraités et qu’ils étaient même libres de faire des randonnées dans la forêt et de fredonner un air. L’on peut se risquer à dire que, dans ce feuilleton, au regard des agissements des uns et des autres, c’est la tristement célèbre Katiba Macina qui ravit la vedette aux autorités de la transition. Simple question de communication.
Par ailleurs, cet énième épisode d’enlèvement est une preuve suffisante que l’insécurité figure en pôle position parmi les crises multiples auxquelles le pays reste confronté en ce moment. Et, personne n’en est épargné, même pas les artistes, apôtres ou chantre de paix et d’amour. Mais comme on a coutume de dire : « Tout est bien qui finit bien ».

Moussa GUINDO, Duniya kibaru.net