Politique

MALI-SOCIÉTÉ : RENCONTRE ENTRE LE PREMIER MINISTRE ET LA PRESSE MALIENNE : LUEUR D’ESPOIR OU SIMPLE FORMALITÉ ?

décembre 20, 2024 · Par flant

Le Premier Ministre, Ministre de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation, le Général de division, Abdoulaye MAIGA, a rencontré les journalistes Maliens, le jeudi 12 décembre 2024 à Bamako. Au menu des échanges, ont été abordés les conditions de travail de la presse, les réformes des textes instituant la profession en général ainsi que l’épineuse question de la liberté d’expression. Notons que la rencontre s’est effectuée à la Maison de la Presse en présence du ministre de la Communication, de l’Économie numérique et de la modernisation de l’Administration, M. Alhamdou Ag Ilyène, du Directeur Général de l’École Supérieure de Journalisme et des Sciences de la Communication (ESJSC), Dr Aboubacar Abdouliwahidou MAÏGA et du Président de la Haute Autorité de la Communication (HAC), M. Gaoussou COULIBALY.

Après la classe Politique, la société civile et les religieux, le Premier ministre était face aux acteurs de la presse Malienne. Au menu des échanges, ont été abordées les conditions de travail de la presse, les réformes des textes instituant la profession en général, le rôle de la presse dans la construction nationale ainsi que l’épineuse question de la liberté d’expression. Parlant des difficultés liées aux conditions de travail, l’occasion a été propice pour évoquer l’inexistence de l’aide à la presse depuis un certain temps en dépit des formalités d’usage accomplies par les professionnels des médias. À ce sujet, le Président de la Maison de la presse, M. Bandiougou DANTE a, dans son allocution, plaidé pour un soutien multiforme incluant la formation à l’instar de l’Ecole Supérieure de Journalisme et des Sciences de la Communication (ESJSC), la facilitation de l’accès des médias aux services de base, notamment la connexion internet, l’électricité ainsi que la flexibilité de la fiscalité des organes de presse, l’appui institutionnel aux structures publiques en faveur de la presse malienne au-delà d’une simple aide financière largement insuffisante. S’agissant toujours de l’aide à la presse, M. DANTE a remis au Premier ministre les rapports de 2018, 2019 et 2020. Ensuite, il a sollicité du chef du Gouvernement, les conditions de création d’un espace médiatique assaini, favorable à la libre expression et une aide spéciale conséquente pour la presse Malienne.S’agissant de la liberté d’expression, Bandiougou DANTÉ a regretté les cas d’enlèvements, d’assassinats et de la fermeture des médias Maliens par la prise de décisions extrêmes par l’instance de régulation, censée garantir la liberté de la presse. En guise d’exemple, il a cité le cas récent de la chaîne de télévision privée JOLIBA TV NEWS dont la licence a été retirée suite à des propos jugés offensants tenus lors d’une émission, à l’encontre des autorités du Burkina Faso, pays membre de la Confédération des États du Sahel. Profitant de cette auguste et solennelle occasion, M. DANTE a présenté publiquement des excuses aux autorités du Burkina Faso, au nom de la Maison de la presse du Mali.L’un des points saillants du discours a abordé la question de la relecture des textes régissant les médias Maliens. Évoquant ce chapitre, le président de la Maison de la presse a rappelé que depuis 2021, l’ensemble des acteurs de la presse Malienne se sont engagés dans le nécessaire projet de relecture des textes régissant le cadre juridique des médias Maliens. Seulement, selon lui, ce louable projet s’est heurté à l’indifférence, voire au mépris des autorités d’antan chargées de sa finalisation. Pire, une nouvelle campagne de communication visant à diviser le monde de la presse a été dressée. En réaction au réquisitoire et aux doléances posées, par le Président de la Maison de la presse, le Premier ministre dit avoir pris bonne note sous réserve que l’assainissement du paysage médiatique n’est pas seulement une affaire des autorités, mais aussi celle des acteurs de la presse qui doivent faire preuve de plus de professionnalisme. Pour ce faire, le Chef du gouvernement a appelé la presse à renoncer aux pratiques diffamatoires et d’attaques des autorités, des pouvoirs publics et des citoyens. Quant aux excuses présentées aux fins de décrisper la crise opposant les autorités à Joliba TV News, le Général de division Abdoulaye MAIGA, dit avoir pris bonne note avec beaucoup de satisfaction. Au passage, il a reconnu le rôle prépondérant que joue la presse dans l’œuvre de construction nationale surtout dans le contexte actuel du pays. Poursuivant son allocution dans une rhétorique de valorisation de la place de la presse, le patron de l’administration Malienne dit vouloir s’appuyer sur la presse comme cheval de bataille pour une meilleure conduite de l’action gouvernementale et plus particulièrement pour un meilleur accomplissement des missions assignées à l’exécutif par le Général d’Armée Assimi GOITA, président de la Transition, Chef de l’État.Rappelons que les rencontres à un niveau institutionnel, qui sont légions, ont toujours été privilégiées pour juguler les difficultés de la presse malienne. Seulement, elles se sont presque toutes avérées improductives dans la mesure où le sort, réservé à ces dites rencontres, illustre à suffisance l’effet immuable évoqué par le dicton en ces termes : « Le chien aboie, la caravane passe ». Aussi, face à la récurrence des rencontres de façade, est-il permis d’entrevoir une lueur d’espoir en faveur de la presse malienne avec le Gouvernement du Général de division Abdoulaye MAIGA? Le temps étant meilleur juge, les jours prochains nous édifieront. Et, comme dirait l’autre, «wait and see».

Nouhoum BERTHÉ/Duniya Kibaru