MALI-INSECURITÉ ROUTIÈRE : DANS SA COURSE-POURSUITE, UN POLICIER DU COMMISSARIAT DE NTABACORO PERCUTE UN MOTO-TAXIMÈTRE
L’insécurité routière connait son apogée à Bamako avec une forte contribution de la police elle-même. Les faits se sont déroulés ce samedi 24 février, aux environs de 10h à Ntabacoro Attbougou, non loin de l’entrée principale de la cité des logements sociaux et du poste de la protection civile. Dans un véhicule pick up communément appelé BJ du commissariat de Ntabacoro, un policier, dans sa course-poursuite après un automobiliste, percute gravement un motocycliste dans sa trajectoire.
L’insécurité routière connait une recrudescence à Bamako. Paradoxalement, la police contribue fortement à amplifier ce phénomène qui charrie son cortège de morts au quotidien. C’est le cas, ce samedi 24 février 2024, aux environs de 10 h lorsqu’un policer en pick up, immatriculé au non du commissariat de Ntabacoro, dans sa course-poursuite, folle et irresponsable après un automobiliste pour des raisons non élucidées ici, percute gravement un moto-taximètre qui poursuivait allègrement sa randonnée quotidienne à la recherche de sa pitance quotidienne.
Aux dires de nombreux témoins oculaires, sur les lieux du sinistre, la violence du choc a littéralement projeté la victime contre le pare-chocs du pick-up. Visiblement mal en point, il a été immédiatement évacué par les soins des agents de la protection civile à proximité.
Notons que cet énième cas où la police elle-même met en danger la vie de paisibles populations a véritablement irrité la foule nombreuse présente qui a aussitôt exigé un constat à cet accident qui, dans les normes, ne devrait jamais arriver. Après donc le constat par des agents du poste de police de la cité, la foule très remontée a sur le champ fermement rejeté ce premier constat et réclamé qu’un autre soit fait mais cette fois, par la gendarmerie pour des raisons d’impartialité. D’ailleurs, l’assistance a opposé son refus lorsque le policier fautif a voulu dégager son véhicule qui obstruait la voie. Ce dernier a même reçu des menaces de lynchage de la part de la foule renforcée par d’autres conducteurs de mototaxi venus massivement exprimer, non seulement, leur solidarité à leur collègue mais également crier leur mécontentement face à cette situation qu’ils jugent fréquente. Il est vrai que sur les lieux, de nombreux témoignages à charge ont indexé les agents du commissariat de Ntabacoro comme étant friands des course-poursuites et que ce policier auteur de l’accident n’en était pas à sa première tentative. Des complaintes fusaient de partout au sein de la masse en ces termes : « Nous ne sommes pas des animaux », a laissé entendre l’un d’eux ; « Il est temps de réagir, ces policiers sont trop gonflés, ça suffit », a déclaré un autre ; « Ils savent où se trouvent les vrais délinquants » a fait remarquer un autre. D’ailleurs, sentant l’adrénaline montée et les esprits qui s’échauffaient, l’indélicat policier s’est furtivement retiré du lieu de la scène. Finalement, après d’âpres plaidoiries, les policiers ont pu repartir avec leur véhicule et l’engin à deux roues du conducteur blessé.
Disons que ce malencontreux évènement qui n’honore en rien notre police contribue au contraire à creuser davantage le fossé entre elle et les populations. En effet, l’attitude irresponsable de certains agents des forces de l’ordre et de sécurité à s’entêter à la course- poursuite en pleine circulation ou au cœur des rues des quartiers bondés de monde, mettant en péril la vie de leurs concitoyens est de nature à jeter le discrédit sur l’ensemble du corps de la police. Pourtant, de braves policiers, opérant avec professionnalisme, s’évertuent au quotidien à garantir l’ordre et la sécurité au sacrifice de leur propre vie. Cependant, la persistance du phénomène des bavures policières en pleine circulation pourrait s’expliquer par l’absence de sanctions disciplinaires exemplaires de la part de la hiérarchie. Pour cause, rappelons que cette pratique de course-poursuite dans la circulation a été prohibée par le règlement et rien ne justifie qu’elle continue de faire des victimes.
En tout état de cause, les policiers sont les garants de l’ordre et de la loi et donc censés tenir une conduite exemplaire aux yeux des populations civiles.
De toute évidence, cette nouvelle exaction policière pousse encore à s’interroger sur une possibilité de reconsidérer les critères de recrutement au sein de notre police au bénéfice des populations.
La Rédaction/Duniya kibaru
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